F1 – Le Grand Prix du Parking 1981 : Le calvaire de Nelson Piquet

Ce weekend se déroule le GP de Las Vegas 2025, avec Oscar, Lando et encore Max dans les points pour la course au championnat. On va tous regarder les F1 filer à 342 km/h sous la « sphère » de Las Vegas. On va nous parler de pneus froids, de la nuit extrêmement fraiche vis à vis du désert et du show à l’Américaine. J’ai beau ne pas l’avoir vécu, une fois que j’ai fait mes recherches pour moi la vraie histoire de Vegas est ailleurs. Elle remonte en 1981, sur un parking. Alors oui, littéralement le parking du Caesars Palace, transformé en circuit.

En tant que fan de F1 et ayant roulé dans une F4 et qui bientôt s’apprête a grimper dans une Formule Renault 2000, je commence à comprendre ce que « force G » veut dire. Mais ce qu’a vécu Nelson Piquet en 1981 ça dépasse l’entendement.

Dans les monoplaces récentes on utilise des palettes au volant pour passer les vitesses, Piquet, lui, pilotais une Brabham BT49C. Une vrai bête sauvage de 530ch sans direction assisté, avec une boite manuelle en « H » ultra-dure. Imaginez devoir lâcher le volant en plein virage, à 250km/h, alors que la force centrifuge essaie de vous arracher la tête, juste pour changer de vitesse avec un levier en métal brûlant.

SpécificationFormule 4 (Mygale/Tatuus)Formula Renault 2.0Brabham BT49C (1981)Implication Physique pour le Pilote
Poids (sans pilote)~570 kg~505 kg~580 kgLa BT49C a un rapport poids/puissance terrifiant.
Puissance~160 ch~210 ch~530 ch (Cosworth DFV)Accélération brutale nécessitant une vigilance constante.
Boîte de vitessesSadev séquentielle (Palettes)Sadev séquentielle 6 ou 7 (Palettes)Hewland FGA 400 (Manuelle en H)Nécessite de lâcher le volant en virage; gestion de l’embrayage.
SuspensionDouble triangle, amortisseurs réglablesDouble triangle, pushrodHydropneumatique, « verrouillée » rigideAucun amortissement des chocs verticaux à haute vitesse.
VibrationsMoteur 4 cylindres Moteur 4 cylindres V8 CosworthVibrations à haute fréquence engourdissant les membres.

Le calvaire : L’enfer du samedi après-midi

C’était la finale du championnat. Il faisait une chaleur à crever (contrairement aux 12°C prévus ce weekend ). Le circuit tournait dans le sens inverse des aiguilles d’une montre (anti-horaire). C’est un détail qui tue : le cou des pilotes est musclé pour tourner à droite (sens horaire classique). Là, leur tête partait dans le vide à chaque virage à gauche. Piquet était tellement épuisé par la chaleur et la brutalité de sa voiture « effet de sol » (qui n’a aucune suspension, ou presque, pour coller à la route ) qu’il a commencé à avoir le mal de mer. L’image qu’il faut retenir ? En pleine course, luttant pour le titre mondial, Piquet a vomi dans son propre casque. Il continuait à piloter, aveuglé, déshydraté, au bord de l’évanouissement.

On a déjà eu ce genre d’image récemment au Quatar en 2023 sous des chaleurs extrêmes, comme exemple Ocon avait également vomi et plusieurs pilote au bord de l’évanouissement.

Le dénouement : La survie plus que la victoire

Il a fini 5ème, gros exploit au vu de ce qui lui arrivait. C’était suffisant pour battre Carlos Reutemann d’un seul point et devenir Champion du Monde. Mais il n’y a pas eu de saut de joie à l’arrivée. Ses mécaniciens ont dû l’extraire de la voiture comme une poupée de chiffon. Il lui a fallu 15 minutes allongé au sol pour réussir à marcher jusqu’au podium.

Conclusion :

Ce week-end, les pilotes vont se plaindre du « graining » sur leurs pneus froids parce qu’il fait 10 degrés. C’est technique, c’est précis, c’est de la haute technologie et tout a bien changé par rapport à avant. Mais quand je regarderai la course, je penserai un peu à Piquet dans son four, à son cou brisé et à son courage. C’était ça, le « Grand Prix du Parking » : l’endroit le moins glamour du monde pour l’une des performances les plus héroïques de l’histoire.

Merci pour votre lecture.

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