La saison 2025 de Formule 1 est arrivé à son termes et je souhaite tirer un bilan sur cette saison bercé d’illusions. Entre l’arrivée de Lewis Hamilton, septuple champion du monde et de l’enfant chéri de Maranello, Charles Leclerc ; Tout avait été orchestré comme le « transfert du siècle » promettant de briser les échecs passés, surtout avec une fin de saison 2024 à la 2ème place Constructeurs.
Le bilan est sans appel et d’une cruauté statistique rare : la Scuderia pointe son nez à une lointaine 4ème place au classements des constructeurs, 435 points de retards sur les champions en titre Mclaren et 0 victoire au compteur.
La Chute Hiérarchique (2024 vs 2025)
| Indicateur de Performance | Saison 2024 | Saison 2025 | Delta / Analyse |
| Position Constructeurs | 2ème | 4ème | Régression majeure (-2 places) |
| Points Marqués | 652 | 398 | Chute de 39% de la production de points |
| Victoires (Grand Prix) | 5 | 0 | Disparition de la capacité à gagner |
| Podiums | 22 | 7 | Division par trois de la présence sur le podium |
| Écart au Champion | -14 pts (vs McLaren) | -435 pts (vs McLaren) | Explosion de l’écart de performance |
On remarque donc une rupture brutale dans la courbe de progression de l’équipe, transformant totalement l’image de la Scuderia battante jusqu’au bout, isolée dans un « no man’s land » entre les leaders et le reste du peloton.
La SF-25 : Une monoplace « Dangereuse »

Le cœur du problème de la SF-25 réside dans la reconstruction à « 99% » de la SF-24, elle était capricieuse, imprévisible et par moment défaillante structurellement.
La décision technique la plus controversée a été l’adoption de ce que l’on appelle une géométrie de suspension à tirants (pull-rod) tant sur l’essieu avant que sur l’essieu arrière. L’architecture privilégie des avantages aéro du moins en théorie, notamment par une libération de l’espace pour les flux d’air vers les tunnels venturi qui a imposé des compromis mécaniques horrible.
La SF-25 souffrait d’une raideur excessive, la rendant incapable d’absorber les irrégularités de la piste sans rompre l’équilibre de sa plateforme aéro. Dans l’ère actuelle des monoplace à effet de sol, la stabilité de la hauteur de caisse est primordiale. Or, elle a démontré une incapacité chronique à maintenir cette stabilité. Les pilotes de la Scuderia se sont plaint de « décrochage » brutale, oscillant entre sous-virage en entrée de courbe et survirage soudain en sortie, un comportement typique de manque d’appui aéro.
Ce n’est pas seulement un problème de performance, mais de sécurité ; Lewis Hamilton a décrit des sensations de perte de contrôle arrière « terrifiantes » à haute vitesse, par exemple au GP d’Abu Dhabi, où il qualifia la voiture de « dangereuse » après un accident en essais libres.






Les ingénieurs se sont donc forcé à explorer des réglages extrêmes pour tenter de compenser ce déficit d’appui, par exemple pour générer de la performance, l’équipe à dû abaisser la hauteur de caisse au-delà des marges de sécurités habituelles exposant la « planche en bois » sous la voiture à une usure excessive.
Une prise de risque qui n’a pas payé en chine puisqu’après un faux espoir avec la victoire Sprint de Lewis Hamilton s’est suivi une disqualification des deux Ferrari en course principales
En avril, Fred Vasseur a pris une décision radicale et impopulaire : geler le développement aéro dès avril 2025. Analyse de la Décision d’Avril :
- La Logique Budgétaire : Avec le plafond budgétaire, tenter de corriger une monoplace « mal née » aurait drainé les ressources financières et les heures de soufflerie nécessaires pour le projet crucial de 2026.
- Les Conséquences Sportives : Cette décision a condamné les pilotes à disputer les deux tiers de la saison avec une voiture figée, tandis que McLaren, Mercedes et Red Bull continuaient d’apporter des évolutions. Cela explique la chute de performance relative en seconde moitié de saison.
- L’Impact Psychologique : Vasseur a admis plus tard avoir » sous-estimé l’impact psychologique » de cette annonce sur le personnel et les pilotes. Savoir dès le printemps que la saison était sacrifiée a créé un climat de résignation difficile à gérer pour des compétiteurs de la trempe d’Hamilton et Leclerc.
Lewis Hamilton : Le Cauchemar en Rouge

L’arrivée de Lewis chez Ferrari fut un choc planétaire, l’apothéose romantique d’une carrière, le rêve de brillé en rouge, le crossover inattendu mais exceptionnelle. Hélas ce doux rêve s’est transformé en cauchemar, le pilote britannique enregistre la pire année statistique de sa carrière en F1.
Les chiffres de la saison de Hamilton sont stupéfiants pour un pilote de son calibre. Il termine le championnat à la 6ème place avec seulement 156 points, loin derrière son coéquipier.
Statistiques Clés de Hamilton en 2025 :
- Victoires en Grand Prix : 0 (Une première dans sa carrière sur une saison complète sans podium).
- Podiums : 0 (Contre 7 pour Leclerc).
- Duel en Qualifications : Battu 19 à 5 par Charles Leclerc.
- Pire Résultat en Qualification : 20ème (dernier) à la régulière lors du GP de Las Vegas.
L’incompatibilité entre le style de pilotage de Hamilton qui privilégie des freinages tardifs et une rotation agressive en entrée de virage et l’instabilité de la SF-25 a été totale. Hamilton a besoin de « sentir » le train arrière pour être en confiance; la SF-25 lui refusait cette sensation, se dérobant de manière aléatoire.
La frustration accumulée a conduit à des déclarations publiques d’une rare intensité. Après le Brésil, il qualifiait la saison de « cauchemar « . À Abu Dhabi, après une troisième élimination consécutive en Q1, il avouait ressentir une « colère et une rage insupportables « .
Son désir de « débrancher complètement de la matrice » durant l’hiver, en coupant tout contact avec le monde extérieur, témoigne d’un épuisement mental profond. Ces mots, « Je ne veux parler à personne, je n’aurai pas mon téléphone« , révèlent un pilote qui ne cherche plus seulement à se reposer, mais à fuir un environnement devenu toxique pour son équilibre.
L’un des moments les plus marquants de la saison restera sa communication radio lors du Grand Prix de Hongrie. Après une qualification ratée, Hamilton a lâché : « Je suis inutile, absolument inutile« . Il a même suggéré, dans un mélange de dépit et de provocation, que l’équipe devrait peut-être « changer de pilote« . Bien que Frédéric Vasseur ait tenté de minimiser l’incident, attribuant ces mots à l’adrénaline, ils ont exposé la fragilité de la confiance d’un champion habitué à l’excellence, soudainement confronté à sa propre impuissance face à la machine.
Charles Leclerc : la Résilience du Il Predestinato

Si la saison d’Hamilton fut un naufrage, celle de Leclerc fut un exercice de sauvetage héroïque. Des conditions identiques, le Monégasque a réussi à extraire le maximum d’une monoplace en dérive, confirmant son statut de leader naturel de cette Scuderia.
Leclerc a terminé 5ème du championnat avec 242 points, soit près de 100 points de plus que son illustre coéquipier. Sa capacité à adapter son pilotage aux défauts de la SF-25 a été remarquable. Là où Hamilton luttait contre la voiture, Leclerc semblait danser avec elle, acceptant son instabilité pour aller chercher de la performance sur un tour.
- Le Facteur X en Qualification : Avec un score de 19-5 face à Hamilton le samedi, Leclerc a prouvé qu’il restait l’un des pilotes les plus rapides de la grille sur un tour lancé, même avec un matériel inférieur.
- Les Podiums de la Volonté : Ses 7 podiums (contre 0 pour Hamilton) ont souvent été obtenus au prix de courses défensives et stratégiquement parfaites, maximisant chaque opportunité laissée par les leaders.
Loyauté ou départ ?
Malgré ses performances, Leclerc n’a pas caché sa frustration. Il a qualifié la voiture de « très lente » à plusieurs reprises et a exprimé son mécontentement face au manque d’évolutions. Plus inquiétant pour les tifosi, des rumeurs persistantes font état d’une certaine agitation dans son clan.
Des sources indiquent que Leclerc serait « agité » et que son management aurait été approché par des équipes rivales ce qui est normal pour un manager de voir toutes les options pour son pilotes à tout moment, notamment Red Bull et Aston Martin, pour l’après-2026. La loyauté de Leclerc envers Ferrari est immense et c’est chez lui, mais elle n’est pas infinie. Si la promesse de 2026 ne se concrétise pas, Ferrari risque de perdre son joyau.
Fred Vasseur : L’équilibriste Français

Le Team Principal Frédéric Vasseur s’est retrouvé en 2025 dans une position intenable. Chargé de gérer le duo de pilotes le plus médiatique de l’histoire, il a dû naviguer avec une voiture ratée et une stratégie d’entreprise lui imposant de sacrifier le présent pour l’avenir.
La défense de Vasseur face aux critiques repose entièrement sur la logique du plafond budgétaire. Il a soutenu qu’investir des ressources pour transformer la SF-25 en une voiture capable de gagner une ou deux courses aurait compromis le développement de la voiture de 2026.
- La Convergence des Performances : Vasseur a souvent invoqué une convergence des performances pour expliquer les difficultés de Ferrari, arguant que les écarts étaient minimes. Cependant, la réalité est que Ferrari a convergé vers le milieu de tableau, tandis que McLaren s’échappait vers l’avant.
- La Culture du « No-Blame » : Vasseur a réussi à maintenir une certaine cohésion en refusant de blâmer publiquement ses ingénieurs. Il a protégé son département technique, insistant sur le fait que les erreurs étaient collectives.
La Haute Direction : Elkann, Vigna et l’exigence de la Victoire

Sujet sensible, cette année la direction de la Scuderia à décider d’intervenir publiquement et de manière cinglante dans la gestion de l’écurie, signe d’une impatience grandissante
John Elkann, habituellement discret, a changé de ton. il a déclaré que le succès de Ferrari était désormais « une affaire personnelle ». Cette déclaration est lourde de sens. Il a mis la pression sur l’équipe de F1 et a fait des déclarations qui ont fait polémiques (à juste titre) : « il est important de se concentrer sur le pilotage et de moins parler »
Des propos choquants et incompréhensible qui ont apparemment (en tout cas en conférence de presse) bien été pris par les deux pilotes, personnellement je trouve ça lunaire et derrière il vient a comparer la F1 à l’Endurance (WEC), victorieuses au 24h du Mans :
« Nous avons réussi avec la 499P en endurance, mais en Formule 1, nous devons nous améliorer. Nous devons gagner. Nous le devons à nos fans.«
Encore une fois comparaison absurde et dévastatrice pour la gestion sportive de la Scuderia en F1.
Cap sur 2026 : Révolution ou fin de partie ?
Toute la souffrance de la saison 2025 a été justifiée par la promesse de 2026. Les nouvelles réglementations (aérodynamique active, voitures plus petites, hybridation 50/50) représentent une opportunité de Reset. Mais des signaux alarmants clignotent déjà à Maranello.
Des informations provenant de rapport techniques suggérerait que le nouveau bloc motopropulseur Ferrari 2026 aurait un déficit potentiel de 30 ch par rapport a Mercedes, info a prendre avec des pincettes, on ne sait encore rien de 2026 tant qu’on ne le voit pas en piste. Mais des ingénieurs ex-Renault débauché par Ferrari aurait été surpris par le manque de maturité du projet moteur sur les bancs d’essais.
Quelques nouvelles positives ou de dernières chances sont le recrutement massif opéré chez Viry-Châtillon après l’arrêt du programme moteur français (honteux d’ailleurs). De plus côté châssis, les leçons de 2025 semblent avoir été tirées. Abandon du concept pull-rod pour revenir au push-rod, plus conventionnelle mais aussi plus fiable pour la hauteur de caisse. L’objectif sera de privilégier la facilité de conduite sur la performance, ce qui bénéficiera à Lewis par exemple.
Conclusion : L’heure de vérité
Ce fut l’année où le rêve de la « Superteam » s’est fracassé sur la réalité de l’ingénierie. La Scuderia a demandé à ses pilotes et à ses fans de sacrifier le présent au nom de l’avenir.
Les Points à Retenir :
- Hamilton en Danger : Si la voiture de 2026 ne lui convient pas immédiatement, la carrière de Hamilton chez Ferrari pourrait être courte et douloureuse, on espère un regain de sa part, pour lui comme pour ses fans.
- Vasseur en Sursis : Il a brûlé tous ses jokers. 2026 doit être une réussite, sinon le couperet d’Elkann tombera ce que je n’espère pas, par exemple Todt a mis plusieurs années avant que Schumacher et la team gagne.
- L’Inquiétude Moteur : C’est la plus grande menace. Si les rumeurs de déficit de puissance sont vraies, Ferrari pourrait être condamnée à la figuration pour plusieurs années encore mais rien n’est figé pour le moment.
L’hiver sera long à Maranello. Il ne s’agit plus seulement de construire une voiture rapide, mais de sauver la crédibilité de l’institution la plus célèbre du sport automobile.



Laisser un commentaire