F1 – Abu Dhabi et l’adieu à l’effet de Sol mais pas que…

Avant de commencer l’article voici le point comptable de la saison globale et le résultat des classements de cette dernière course

1 – Lando Norris : Autopsie d’un Champion Clivant

Lando Norris est champion du monde, c’est un fait, et les livres d’histoire retiendront ses 423 points et sa régularité. Je respecte sa légitimité, car on ne gagne pas un titre par hasard, mais je ne peux m’empêcher de trouver que ce sacre manque cruellement de saveur. Pour moi, ce titre a été gâché par la gestion maladroite de McLaren et ces fameuses « Papaya Rules » qui, bien que partant d’une bonne intention, ont fini par emmêler les pinceaux de toute l’équipe.

Lando n’est pas le genre de champion qui me fait vibrer, ni par ses déclarations parfois maladroites, ni par son style en piste qui manque à mes yeux du panache des plus grands. Je le félicite pour sa saison, mais il restera pour moi un champion de transition plutôt qu’une légende instantanée, j’espère à l’avenir qu’il me donnera tort.

Sa course à Abu Dhabi en est l’illustration parfaite : une gestion prudente, défensive, calculatrice. Il n’a pas cherché à battre Verstappen ou Piastri en piste ; il a cherché à sécuriser le minimum vital de points requis. C’est une stratégie légitime pour un championnat, mais elle ne crée pas la légende. Comme le soulignent certaines analyses, Norris risque d’être classé dans la catégorie des champions « gestionnaires » comme Keke Rosberg (1982) ou Jenson Button (2009), plutôt que dans le panthéon des « géants« .

2 – Oscar Piastri : l’Oscar du Courage et de la Revanche

À l’inverse, mon regard se tourne avec beaucoup plus d’enthousiasme vers Oscar Piastri. Quelle superbe troisième saison il nous a offerte ! Il a souvent été le pilote sacrifié sur l’autel de la stratégie d’équipe, on se souvient tous des consignes difficiles à avaler, comme à Monza. Certes, il a connu un petit coup de mou en fin de championnat qui lui a coûté cher , mais sa résilience et son calme m’impressionnent. Je suis persuadé que sans les freins imposés par son écurie à certains moments clés, la lutte aurait été différente. J’attends avec une impatience non dissimulée de voir le « vrai » Oscar en 2026, libéré et revanchard.

3 – Max Verstappen & Red Bull : la fin d’un Empire (ou pas)

Il faut aussi parler de celui qui a porté la F1 sur ses épaules ces dernières années : Max Verstappen. Pour moi, il reste incontestablement le meilleur pilote de la grille actuelle, capable de tirer la quintessence d’une voiture devenue capricieuse. Je ne l’aimais pas à ses débuts, le trouvant trop arrogant, mais j’ai appris à apprécier le compétiteur féroce et, paradoxalement, le personnage attachant et simple qu’il est devenu en dehors du cockpit.

La défaite de Red Bull au championnat pilotes n’est que la partie émergée de l’iceberg. L’écurie de Milton Keynes traverse une crise existentielle marquée par un exode massif de ses talents clés, un phénomène qui menace son avenir à moyen terme.

  • Adrian Newey : Le départ du génie technique vers Aston Martin prive Red Bull de sa visionnaire boussole aérodynamique.
  • Jonathan Wheatley : Le directeur sportif, architecte de l’efficacité opérationnelle et des arrêts aux stands records, part diriger le projet Audi.
  • Will Courtenay : Le responsable de la stratégie rejoint McLaren, emportant avec lui les secrets tactiques de l’équipe.
  • Helmut Marko : ce dénicheur de talents au nez fin mais devenu trop problématique.
  • La fin du partenariat Honda et début du partenariat avec Ford

C’est la fin d’une ère chez Red Bull, je suis heureux de voir Laurent Mekies prendre les commandes pour apporter un nouveau souffle, et ravi pour Isack Hadjar qui aura sa chance. On peut également mentionner l’arrivé d’Arvid Lindblad 18 ans chez Racing Bulls

Abu Dhabi : Ah bon y avait une course ?

Concernant la course d’Abu Dhabi elle-même, je reste sur ma faim. Si le départ nous a offert quelques frissons avec une belle bataille entre Alonso et Leclerc, le dépassement Piastri sur Norris, la réalisation télévisée a encore failli à sa mission en ignorant les luttes du peloton. On s’est ennuyé ferme devant un spectacle trop platonique.

Le point noir reste pour moi la sanction infligée à Yuki Tsunoda : 5 secondes de pénalité pour une défense certes virile mais qui ne méritait pas tant de sévérité. C’est une injustice qui, même si elle ne change pas la face du championnat, laisse un goût amer sur la cohérence des décisions sportives.

Dans ce désert d’action, comme je disait Max Verstappen à refusé de se conformer au scénario de la gestion prudentes. Le pilote Red Bull, bien que conscient des limites de sa RB25 face aux McLaren, a livré ce que les analystes qualifient de « masterclass » de pilotage et de gestion. Sa 71ème victoire en carrière, acquise depuis la pole position, ne fut pas celle de la domination brute comme en 2023, mais celle de l’optimisation absolue. Contrairement aux craintes de voir une réédition des tactiques de ralentissement utilisées par Hamilton en 2016, Verstappen a choisi de courir pour la gagne, avec une pureté et une « classe » qui ont surpris ses détracteurs. Il a accepté son sort avec un détachement stoïque mais que j’ai trouvé résigné malgré lui.

Le Moteur Renault : un adieu honteux en silence

Mais ma plus grande colère, je la réserve à Renault. Quel adieu honteux pour une marque qui a écrit la légende de ce sport ! Voir ce motoriste historique, pionnier du turbo et du V10, quitter la F1 par la petite porte, dans l’indifférence quasi générale de son propre groupe, est inconcevable. C’est une véritable trahison envers les ingénieurs de Viry-Châtillon et envers l’histoire du sport automobile français. Ce moteur méritait une sortie sous les honneurs, pas cet enterrement silencieux.

Au total, le motoriste français cumule un palmarès vertigineux :

  • 12 Titres Constructeurs (en tant que motoriste).
  • 11 Titres Pilotes.
  • 169 Victoires.

Le contraste entre la grandeur de l’héritage et la mesquinerie des adieux fut saisissant à Abu Dhabi. Alors que l’équipe Alpine semblait vouloir effacer toute trace de son passé motoriste, ne prévoyant aucune célébration officielle majeure, c’est Fernando Alonso qui a sauvé l’honneur. Le double champion du monde espagnol, qui a offert ses titres à Renault en 2005 et 2006, a pris le temps de se rendre dans le garage pour rendre hommage aux ingénieurs et mécaniciens.

Adieu l’effet de sol et le DRS, Bonjour MOM (Manuel Override Mode) 2026

Enfin, je regarde vers l’avenir. La saison 2026 arrive avec sa nouvelle réglementation et ses promesses de bouleversements. Je suis à la fois intrigué et impatient de voir comment les cartes seront redistribuées. Avec les changements chez Red Bull, la maturité de Piastri, et l’arrivée de nouvelles dynamiques comme celle d’Aston Martin avec Honda, j’espère retrouver cette étincelle de passion pure qui a parfois manqué cette année.

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