Brésil 2007 : Le hold-up silencieux du « Iceman » Räikkönen

Salut l’ami, tu vois l’ambiance électrique en cette saison 2025 ? On regarde tous les Grands Prix avec un peu de stress. On voit les deux McLaren, Piastri et Norris, qui se tirent la bourre, Piastri est en mauvaise posture en ce moment et Norris malgré de meilleurs performance n’est pas aussi rapide que prévu. C’est tendu, c’est stratégique, et derrière, qui vois-tu revenir comme un boulet de canon dans son cockpit Red Bull ? Tutududu, le chasseur, Max Verstappen. Il grignote son retard, course après course, et on se demande tous si la belle mécanique orange ne va pas finir par imploser sous la pression.

Cette situation, cette tension entre coéquipiers avec un concurrent d’une autre écurie en embuscade, ça me rappelle une autre saison. Une saison qui, pour moi, fan de la première heure de Fernando Alonso, reste comme une blessure et l’un des plus grands thrillers que la F1 nous ait offerts.

Installe-toi, je te raconte la fin de saison 2007.

Le décor : une guerre civile chez les Flèches d’Argent

Pour que tu visualises bien le truc, en 2007, McLaren-Mercedes, c’était un peu le « All-Star Game« . Ils avaient le double champion du monde en titre, mon idole, Fernando Alonso, qui venait de quitter Renault. Et à côté de lui, ils ont mis LE phénomène, un jeune rookie anglais au talent insolent, couvé par l’écurie depuis son adolescence par Ron Dennis : Lewis Hamilton.

Sur le papier, c’est une dream team. En réalité, c’est une poudrière. Toute la saison, ces deux-là se sont rendu coup pour coup. La rivalité était tellement intense que l’équipe n’a jamais vraiment réussi à gérer la situation. Ils se volaient des points, se chamaillaient en piste et en dehors… Bref, une ambiance géniale.

Pendant ce temps, chez les rouges de Ferrari, un pilote faisait son bonhomme de chemin, sans faire de bruit. Kimi Räikkönen, le Finlandais, surnommé « Iceman » pour son calme et son peu de mots. Il gagnait des courses, mais subissait aussi pas mal de problèmes de fiabilité. Personne ne le voyait vraiment comme une menace pour le titre, bwoah.

L’avant-dernier round : le cadeau inespéré

On arrive à l’avant-dernière course, en Chine. Lewis Hamilton a le titre à portée de main. Il a juste à finir la course tranquillement. Mais voilà, la pression… Ça te change un homme.

Alors qu’il rentre aux stands, sous une pluie fine, il fait une erreur de débutant. Il prend l’entrée de la voie des stands, un virage serré et humide, un peu trop vite. Sa McLaren glisse et vient s’échouer, plantée dans le bac à graviers. Tu imagines la scène ? Le favori pour le titre, coincé dans les cailloux à l’entrée des stands. Abandon. Zéro point.

À ce moment-là, devant ma télé, je suis partagé. D’un côté, en tant que fan d’Alonso, je me dis : « Yes ! C’est notre chance ! ». De l’autre, je vois Räikkönen gagner la course et se rapprocher dangereusement au championnat. Le Finlandais, que tout le monde avait enterré, était toujours en vie.

La finale au Brésil : le scénario de l’impossible

On arrive donc pour la dernière course, au Brésil. La situation est simple :

  1. Hamilton : Le grand favori. Il lui suffit d’une 5ème place pour être champion.
  2. Alonso : Mon poulain. Il doit espérer un mauvais résultat de Lewis.
  3. Räikkönen : L’outsider absolu. Ses chances sont quasi nulles. Il doit gagner ET espérer que Hamilton ne fasse pas mieux que 6ème et qu’Alonso ne soit pas sur le podium.

La course démarre. Et là, premier virage, le drame commence pour McLaren. Hamilton, sans doute trop pressé de prouver sa valeur, se rate. Il sort de la piste et dégringole au classement. Quelques tours plus tard, sa voiture ralentit d’un coup. Un problème de boîte de vitesses. Le temps qu’il réinitialise le système, il est reparti dans les profondeurs du classement.

Devant ma télé, j’hallucine. Le scénario catastrophe pour Hamilton est en train de se produire. Pour nous, les fans d’Alonso, l’espoir renaît. Mais devant, les deux Ferrari de Massa et Räikkönen sont sur un rythme d’enfer. Elles s’envolent.

Et là, Ferrari joue un coup de maître stratégique. Pour les néophytes, il faut savoir qu’en F1, le timing des arrêts aux stands (pit stops) est crucial. On peut gagner ou perdre une course là-dessus. Ferrari a utilisé une stratégie qu’on appelle un « overcut« . C’est l’inverse de l’undercut, où l’on s’arrête avant son rival pour profiter de pneus neufs. Là, Massa, qui était en tête, est resté en piste plus longtemps que Räikkönen. Pendant ce temps, Kimi, avec moins d’essence et donc plus léger, a pu attaquer comme un fou. Quand Massa est enfin rentré aux stands, Räikkönen était passé devant. Un travail d’équipe parfait pour placer le pilote le mieux classé au championnat en position de gagner.

La fin de course est une torture. On regarde Kimi filer vers la victoire, et on suit la remontée désespérée de Hamilton. Il termine 7ème.

Le drapeau à damier s’abaisse. Kimi Räikkönen gagne la course. Alonso est 3ème. On fait les comptes… Et là, le verdict tombe, irréel :

Räikkönen champion du monde pour UN SEUL POINT. 110 points pour lui, 109 pour Fernando et Lewis.

J’étais abasourdi. Dépité pour Fernando, mais forcé d’admirer le coup de génie et la résilience de Kimi. Le bonhomme n’avait jamais mené le championnat de toute la saison, sauf au moment où ça comptait le plus : après le dernier virage de la dernière course.

Alors, quand tu vois aujourd’hui Norris et Piastri se battre et que tu vois l’ombre de Verstappen grandir dans leurs rétros, souviens-toi de 2007. En Formule 1, tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie, absolument TOUT peut arriver. Et c’est pour ça qu’on aime ce sport.

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